Emploi : stagiaires, bientôt sur un pied d’égalité avec les salariés ?



Jeudi 21 Mars 2024


Il se pourrait bien que les stagiaires bénéficient bientôt de meilleures conditions de travail et d'une meilleure rémunération. La Commission européenne a proposé une directive dans ce sens mardi 20 mars 2024. Les États membres devront néanmoins s'accorder sur cette dernière.



Aligner les stages sur les emplois réguliers

« Les stages offrent une opportunité inestimable pour les jeunes d'entrer dans le monde professionnel... Pour que cette expérience soit réellement bénéfique, elle doit s'inscrire dans un cadre clairement défini, garantissant une rémunération équitable et un accompagnement pédagogique de qualité », souligne Nicolas Schmit, représentant de la Commission européenne pour l'Emploi.

La Commission européenne a donc décidé de s'attaquer aux inégalités subies par certains stagiaires via une directive destinée à s'étendre à l'ensemble des pays membres de l'UE. Cette proposition vise à aligner les conditions des stagiaires sur celles des employés réguliers, abordant des aspects tels que la rémunération (un stagiaire est payé au minimum 4,35 euros de l'heure en France), le mentorat et la protection sociale.

 

Uniformiser l'encadrement des stages

Avec 3,1 millions de stagiaires en Europe concernés, dont 1,3 million sont salariés, et 21 % d'entre eux qui effectuent leur stage dans un pays membre voisin, l'impact de cette directive pourrait être considérable. Elle envisage de mettre en place un système de vérifications rigoureuses au sein des entreprises pour prévenir l'exploitation. L'objectif est clair : assurer que les stages servent réellement à l'apprentissage et à la formation professionnelle, et non à dissimuler des emplois réguliers sous-payés.

Outre une meilleure équité, la proposition de la Commission européenne envisage de renforcer le rôle des syndicats en leur donnant plus de pouvoir pour défendre les droits des stagiaires, mais aussi de mettre en place un système accessible aux stagiaires afin de signaler les potentiels abus. La directive, toutefois, doit encore traverser le processus législatif de l'UE, nécessitant l'approbation des États membres et du Parlement européen pour être effective.

Axelle Ker